Un roman au « je » pluriel
Le troisième roman de Véronique Marcotte, jeune auteure talentueuse de notre chère ville de Trois-Rivières, réserve un parcours surprenant au lecteur. Le trésor réside dans le style rédactionnel : tous les personnages sont, tour à tour, narrateurs et parlent au « je ». Cette multiplicité de points de vue est rafraîchissante et permet à l’histoire de se construire d’elle-même, par ses personnages, comme si l’auteur n’existait pas. (N’est-ce pas la plus belle façon de faire place à son œuvre?)
L’histoire
Elle parle du vide, de l’étouffement, de la fuite. Et bien sûr de culpabilité (avec un titre pareil!).
Ce que nous dit le quart de couverture :
Quand Auguste quitte sa Belgique natale pour aller travailler dans un hôpital montréalais, il compte prendre pour de bon ses distances d'une mère qui l'aime mal, de cet amour étouffant qu'ont parfois les mères à qui la vie a pris beaucoup. Auguste n'arrive pas à laisser derrière ses propres déviances, toutefois, celle entre autres de violer des yeux l'intimité des gens. Parmi ceux qu'il observe à leur insu, il y aura Victoire, une jeune peintre qui gagne sa vie dans un resto. À ces trois personnages, qui deviendront tour à tour narrateurs d'une histoire plurielle et bouleversante, va s'ajouter Mathias, le père d'Auguste, qu'il croit mort depuis longtemps. Dans ces trajectoires blessées, qui se croisent en un ballet beau et douloureux, c'est toute la détresse humaine qui est mise au jour, toute la culpabilité qui reste au lendemain des gestes qu'on aurait voulu retenir.
Ça se dévore en quelques heures. Bon appétit!