
Conçue à l’origine comme une œuvre pianistique, le Tombeau de Couperin recèle une orchestration parmi les plus accomplies qu’ait produites ce fabuleux compositeur. Elle m’emporte littéralement. Cette oeuvre se veut un hommage à
François Couperin et à la mémoire d’un ami mort au combat au cours la première guerre mondiale.
J’ai toujours été fasciné par la période entre la fin du 19e et le début du 20e siècle, à Paris. C’est une période charnière de l’histoire de l’art; période où la poésie, la peinture et la musique s’engageaient dans le modernisme. Il fallait alors s’affranchir du formel et du conformisme. L’évocation, l’expression, le récit, l’émotion animaient comme jamais les courants créatifs. Les
Gabriel Fauré,
Érik Satie,
Claude Debussy et
Maurice Ravel (entre autres) ont ainsi amené sous de nombreuses facettes un formidable courant de nouvelles harmonies et d’univers lyriques.
Maurice Ravel lui-même est un personnage extrêmement intéressant. Compositeur et interprète remarquable, de renommée mondiale, il fut un orchestrateur inspiré, méticuleux et surtout, d’une grande subtilité. Pour lui, une seule division s’imposait dans l’univers de la musique : « ...Il y a les œuvres qui plaisent, puis il y a celles qui ennuient ».
Références : je possède quatre interprétations du Tombeau de Couperin. Celle de l’Orchestre de chambre de Lausanne (Erato STU71126) est ma préférée. J’adore aussi celle du pianiste
Vlado Perlemuter, tirée d’une intégrale (Nimbus Records 2103). Par ailleurs, l'interprétation que
l’Orchestre symphonique de Montréal sous Charles Dutoit avait produite est aussi remarquable.
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